mercredi 15 mai 2013

Aranui 19 : Rangiroa

Après deux nuits et une journée de mer, nous arrivons en vue de Rangiroa dans l'archipel des Tuamotu. C'est le deuxième plus grand atoll du monde et l'île de Tahiti pourrait tenir à l'intérieur (75km sur 25km) et c'est l'un des plus visités de l'archipel. A l'entrée de la passe de Tiputa, on distingue la piste d'aviation inaugurée en 1965.

Nous franchissons la passe par grand beau temps mais les dauphins ne sont pas au rendez-vous. Nous allons laisser cet îlot sablonneux sur tribord pour obliquer à droite vers le petit quai d'Avatoru.

Il est 8h30 et les premiers bateaux de plongée se rendent dans la passe de Tiputa, mondialement renommée. J'y ferai une plongée hélas assez décevante. Il est vrai que lorsqu'on vient de Nouvelle Calédonie, on est plus difficile mais ce n'était tout simplement pas le jour...

Les barges amarrent le navire dans une eau turquoise cristalline, presque irréelle. 

Grace entre autres à la plongée, le tourisme est développé (malgré l'absence de plage) ainsi que la perliculture et l'aquaculture. 

De l'autre côté de la passe, le village de Tiputa et son église immaculée. Ce sera notre dernier souvenir avant une nuit de navigation vers Tahiti. 

Aranui 18 : Ua Pou

Ua Pou et ses 12 pitons de basalte souvent cachés par les nuages culminent à 1232 mètres nous accueille une dernière fois.

La baie est magnifique avec sa plage de sable blanc irisé et ses bateaux au mouillage.

Les enfants font du sport avec leurs professeurs: va'a (ici pirogue à 6 rameurs) et volley sur la plage sans filet.

Les artisans sont là et nous admirons les sculptures sur bois et pierre, parmi les plus renommées de l'archipel. Tout respire le calme et le temps semble s'écouler plus lentement.

Loin de la folie du monde et des soucis des "grands"...

mardi 14 mai 2013

Aranui 17 Ua Huka et Nuku Hiva

Après avoir fait trempette, nous prenons une baleinière qui nous ramène à bord de l'Aranui.

Nous quittons Ua Huka alors que quelques va'a rentrent dans la baie. A l'extérieur, c'est assez agité pour de si petits bateaux mais "la rame" est une activité polynésienne ancestrale.

Retour dans la baie de Taiohae sur l'île de Nuku Hiva por charger le fret et récupérer des containers réfrigérés.

C'est vraiment la capitale des Marquises avec près de 1.700 habitants et pas mal d'activités.Nous flanopns une dernière fois sur ce splendide front de mer.

Après cette courte escale, nous repartons vers l'île de Ua Pou qui sera notre dernière escale marquisienne.
Une belle frégate, espèce très courante car nous sommes en haute mer sur ces îles!

Aranui 16: Ua Huka

Ua Huka se compose de deux volcans emboités et est la plus sèche des Marquises. L'arrivée dans l'étroite baie de Vaipaee est un moment très fort de la croisière. L'Aranui dispose d'un seul moteur plus un petit moteur latéral à l'avant. La baie est peu profonde et ne procure pas un abri suffisant. Le bateau va donc s'engager dans le goulet, mouiller une ancre à l'avant et pivoter dessus. Deux petits canots préalablement mis à l'eau vont amarrer des aussières de part et d'autre.

Voici l'arrière de l'Aranui alors qu'il est en travers . Il n'y a pas beaucoup de marge pour un bateau de 117 mètres et 3.800 tonnes.

Nous débarquons par barges pour visiter un centre artisanal, un petit musée et un arboretum. Marie-France a choisi de nous rejoindre à cheval au restaurant de Hane. 

Accueil en chansons et danses comme toujours.

La route suit une côte très découpée. L'aérodrome se trouve sur le plateau en face: un vrai porte-avions!

lundi 13 mai 2013

Aranui 15: Tahuata

Distante de 4km de Hiva Oa, l'île de Tahuata n'est visitée que par l'Aranui. C'est donc un évènement pour les 200 habitants dont beaucoup sont rassemblés dans l'église financée par le Vatican en 1988. Cela marquait le 150ème anniversaire de la première rencontre entre l'amiral Dupetit-Thouars et le chef Iote qui signèrent le traité de rattachement à la France.

beaucoup de ferveur dans cette messe chantée et une architecture très réussie. La lumière rentre à flots et la pierre fait ressortir les vitraux et les sculptures.


Cette vierge à l'enfant de 4 mètres de haut est représentative du syncrétisme marquisien. L'enfant Jésus est tenu des deux mains en avant et accroupi comme un tiki et porte un uru (fruit de l'arbre à pain).


Les femmes se sont faites (encore plus) belles pour le dimanche.

Pendant ce temps, certains passagers sont partis à la pêche et ne sont pas rentrés bredouilles.

En fin de matinée, nous faisons une demi heure de route pour nous ancrer en face d'une superbe plage accessible uniquement par la mer. Nous y débarquerons par barges avec ouverture basculante à l'avant.

La plage est à nous! Un grand buffet et un barbecue nous attendent, préparés par l'équipage. Nous jouons avec les vagues et je vois une famille de raies entassées sur le sable. Que du bonheur!

Aranui 14: Hiva Oa dernier passage

Nous faisons un dernier passage sur l'île d'Hiva Oa mais dans la baie de Puamau au nord est: un bel abri, une plage de sable noir et un village fleuri de quelques dizaines d'habitants cultivant cette vallée fertile.

Le site archéologique de Iipona construit entre le 15ème et le 16ème siècle, a servi de plantation de coton au 19ème siècle et a été restauré en 1991 à l'occasion du Festival des Arts. Ce sanctuaire religieux s'étend sur deux vastes terrasses entourées d'une banians, arbres à pain, manguiers, papayers ou frangipaniers . Cinq tikis ont été redressés et celui qui se trouve derrière nous est le plus grand de Polynésie Française. Haut de 2,67m, c'est un chef guerrier redoutable et sacré (tuf rouge). Un lieu plein de force.

J'ai juste le temps de piquer une tête sur cette plage bordée de filaos et cocotiers avant de remonter à bord car nous appareillons vers la dernière escale de cette île, le minuscule village de Hanaiapa au nord.

Petite balade le long de l'unique rue de Hanaiapa. Pêche, cultures, chasse à la chèvre pour la quarantaine d'habitants. Il faut y ajouter un peu de coprah, très largement subventionné mais permettant de sédentariser les îliens.

Une fois l'Aranui reparti, le calme va retomber sur ce village hors du temps.

Aranui 13: Fatu Hiva 2

A l'arrivée, les tambours battent déjà et nous sommes accueillis par des chants et des danses. Tout le village de Hanavave est là car le bateau ne revient que dans trois semaines.

Les femmes sont toutes en noire avec une couronne de fleur et beaucoup d'élégance.

Les enfants sont insouciants et jouent beaucoup dans l'eau. Ici, un short et un tee-shirt suffisent toute l'année et la nature est généreuse. 

Un bel exemple de mixité dans ce coin de Pacifique visité par les navigateurs de tous pays depuis quelques siècles.

L'appellation de "Baie des Verges" due aux pitons basaltiques aux formes évocatrices n'a pas plu du tout aux missionnaires qui l'ont transformé en "Baie des Vierges". 

Retour à bord pour un point de vue de toute beauté sur cette baie spectaculaire.

Aranui 12: Fatu Hiva 1

Belle arrivée du matin à Omoa sur l'île de Fatuiva après 75km de traversée. C'est la première à avoir été découverte en 1595 par le navigateur espagnol Mendana. Thor Heyerdahl lui a consacré un livre après y avoir séjourné un an et demi.

Le navire est attendu et les vivres frais sont prêts à être embarqués.

 On nous montre comment confectionner le "umu hei" ou bouquet fleuri servant de philtre d'amour et rassemblant les plantes les plus odorantes. Un mélange capiteux.


Nous assistons à une belle démonstration de fabrication de tapa, sorte de parchemin végétal obtenu par martelage de fibres végétales et servant de tissu ou de support aux peintures.


Après visite de l'église et ses belles sculptures, nous démarrons une randonnée de 17 kilomètres avec un bon dénivelé mais des paysages superbes et un plantureux pique-nique au col.

La descente vers le village d'Hanavave est une des plus belles vues que nous ayons contemplé. L'Aranui pendant ce temps a appareillé et nous attend dans la minuscule baie des Vierges.

Une rencontre sur le chemin.

dimanche 12 mai 2013

Aranui 11: Hiva Oa 2

 Dans les années 1970, Jacques Brel se sent écrasé par son succès et harcelé par les médias. Il traverse l'Atlantique sur son bateau, l'Askoy et arrive en 1975 avec sa compagne Madly à Atuona. Il a 46 ans et tombe immédiatement sous le charme. C'est un parfait inconnu ici: il rencontre des marquisiens jouant de la musique et chantant qui lui demandent son métier. Je suis musicien et chanteur. Vas y disent ils en lui tendant une guitare. Et il entonne "dans le port d'Amsterdam". Merci, disent ils et ils se remettent à jouer des airs plus gais et entrainants. Il s'établit donc dans cet anonymat recherché, achète Jojo, un Beech B50 pouvant accueillir 5 passagers qu'il utilisera régulièrement au profit des habitants. Il fera venir régulièrement un dentiste et organisera avec le maire les premières séances de cinéma. Atteint par un cancer du poumon, il sera rapatrié en France où il s'éteindra en 1978. selon son voeu, il sera inhumé au cimetière d'Hiva Oa où sa tombe est régulièrement fleurie par les navigateurs et visiteurs. Son avion fut revendu plusieurs fois et failli finir mangé par la rouille à Papeete. Ramené par l'Aranui et restauré en 2003, il est protégé par ce hangar où nous berce sa chanson intitulée "Les Marquises".
"Gémir n'est pas de mise, aux Marquises"



Départ de la baie de Atuona pour une courte navigation vers l'île de Tahuata très proche(4km) où nous ne débarquerons que du fret. 



La lumière rasante sublime cette petite baie où la montagne verte plonge dans la mer, ne laissant qu'une petite plage de sable noir aux hommes. 


Cette "clairière" en bord de mer n'est pas une plage mais un stade de football protégé par un enrochement et relié au village par une piste à gauche. Quelle lumière!